Axe 2- Asymétries motrices et perceptives

 

De nombreuses fonctions cognitives ont une organisation cérébrale latéralisée. Le langage serait ainsi sous-tendu par l’hémisphère gauche tandis que les fonctions spatiales seraient sous-tendues par l’hémisphère droit. L’existence d’une spécialisation hémisphérique dans le contrôle moteur a également été posée, principalement à travers les mouvements manuels. Il est cependant étonnant de constater que la question de la latéralisation des processus perceptifs, cognitifs et moteur est la plupart du temps examinée de façon totalement indépendante pour le langage,le traitement des visages, les émotions, le contrôle moteur…, reflétant ainsiles dichotomies classiques de la littérature. De plus, très peu d’études se sont intéressées aux interactions pouvant exister entre les asymétries hémisphériques perceptives et motrices, alors même que les interactions entre perception et action représentent actuellement en champ de recherche en plein essor.

Les recherches présentées ici ont pour but d’établir un tableau aussi complet que possible de la latéralisation cérébrale observée pour les processus perceptifs et moteurs. Elles se situent dans une vision dynamique de la spécialisation hémisphérique dans laquelle l’implication fonctionnelle de chaque hémisphère serait flexible, évoluant à court terme en fonction des ressources attentionnelles de l’individu et du contexte de la tâche, à moyen terme en fonction de l’apprentissage et du niveau d’expertise et à long terme en fonction du développement et du vieillissement de l’individu (Serrien et al, 2006, Nat.Rev. Neurosc.). Il devient alors crucial d’explorer les contributions relatives de chaque hémisphère selon ces différentes échelles temporelles en prenant en compte les caractéristiques de la tâche et de l’individu. C’est dans ce cadre que nous examinerons les asymétries perceptives et motrices, et leurs interactions, afin de mettre en évidence des modulations (1) par les caractéristiques de la stimulation, en particulier par son contenu émotionnel, certaines théories proposant un traitement latéralisé des émotions en lien ou non avec leur valence, (2) par les caractéristiques des individus (genre, préférences latérales). Un intérêt particulier sera porté aux effets du vieillissement reflétant les modifications à long-terme de la latéralisation cérébrale : détérioration préférentielle des fonctions sous-tendues par l’hémisphère droit selon le modèle du déclin de l’hémisphère droit ou réduction de l’asymétrie hémisphérique avec l’âge selon le modèle HAROLD (e.g. Cabeza, 2002, Psychol. Aging; Hommet et al, 2008,Psychol.Neuropsychiatr. Vieil.).