Bienvenue sur le site du Laboratoire PCPP (ex LPCP)

Psychologie Clinique, Psychopathologie, Psychanalyse

EA 4056 

 

Crée en 1993 par le Pr C. Chabert, le Laboratoire de Psychologie Clinique et psychopathologie (LPCP) se nomme depuis le 1er janvier 2014 Psychologie clinique, Psychopathologie Psychanalyse (PCPP). Il occupe à l’Université Paris Descartes Sorbonne Paris Cité une place privilégiée dans la défense d’une psychanalyse, individuelle et groupale, ouverte au dialogue avec les autres orientations de la psychologie présentes à l’Institut de psychologie.

Le PCPP explore divers domaines de pratiques et de recherches en psychopathologie en promouvant la métapsychologie freudienne et post-freudienne, en se centrant sur des méthodologies plurielles respectueuses des enjeux transférentiels, en s’attachant à des problématiques fondamentales ou davantage saisies dans l’actualité de la clinique contemporaine, articulées aux différentes périodes de la vie.

Plus précisément, le laboratoire s’organise autour de six THEMA : Psychopathologie fondamentale et métapsychologie ; Psychopathologie des expériences du corps ; Groupes, famille, institution ; Sociétés, violence, Travail ; Cultures et diversité culturelle ; Dispositifs thérapeutiques.

Le PCPP est constitué d’une seule équipe d’enseignants-chercheurs titulaires (11 Pr ; 3 Pr émérites ; 14 MCF dont 1 HDR ; 1 PAST ; 3 ATER ; 3 CD). 32 associés dont 3 HDR appartiennent au PCPP. 1 ingénieur d’étude et 1 adjaenes (poste vacant) complètent l’équipe.

Le PCPP est une des équipes d’accueil (EA 4056) de l’Ecole Doctorale « Cognition, comportement, conduites humaines » ED 261). Il y a actuellement 43 doctorants du PCPP dans cette ED.

Depuis sa création, le laboratoire a été successivement dirigé par les Professeurs Catherine Chabert, Serban Ionescu et François Marty. Le Professeur Sylvain Missonnier en assure actuellement la direction depuis janvier 2012.

En hommage du Pr Colette CHILAND (1928-2016) 

 

Colette_Chiland

Lire une interview de Colette Chiland 

Colette Chiland à l’Université Paris Descartes

De l’Université et de ses missions, Colette Chiland a toujours eu une haute idée. Elle a servi l’Université à cette hauteur, à travers ses recherches, ses enseignements, et son engagement institutionnel. Sa formation universitaire était brillante : le diplôme de l’Institut de psychologie de Paris en 1947, le doctorat de médecine en 1954, l’agrégation de philosophie l’année suivante ­­— c’est dire qu’elle menait tout de front —, et le doctorat ès lettres et sciences humaines de la Sorbonne en 1970, d’où sera tiré L’enfant de six ans et son avenir.

La soif de connaissance chez Colette Chiland a plongé ses racines dans une enfance où, peut-être plus que d’autres, elle eut un besoin de « comprendre ». Nourrie par l’école dont elle a toujours souligné l’importance ensuite, elle puise les fondements de sa connaissance de l’humain dans cette double formation philosophique d’abord, – car ses parents lui refusent dans un premier temps l’inscription en médecine –, et médicale ensuite, quand ils ont dû s’incliner devant son obstination à s’engager dans cette voie. 

Ainsi le savoir n’était pas pour elle un simple objet de diffusion glané ici et là, il avait une dignité propre, se gagnait à travers un travail acharné de lectures bibliographiques, de prises de notes, de confrontations d’idées avec les auteurs et de réflexions personnelles.

Son premier poste, de professeur de philosophie à Marseille, lui a laissé un souvenir toujours resté délicieux et souvent raconté : une délégation d’élèves redoublantes sont venues lui demander à la récréation s’il s’agissait bien de philosophie puisqu’elles comprenaient …ce qui était enseigné ! Ce talent pédagogique, elle ne s’en départira jamais : que ce soit dans ses cours à l’université ou dans ses présentations aux congrès, elle guidait son auditoire tout au long de son développement, le réveillait si nécessaire par une humoristique incise, illustrait au plus proche du vécu intérieur de tout un chacun son propos. Ainsi le savoir était diffusé, non pas sous une forme rébarbative mais de manière plutôt excitante pour la curiosité de l’étudiant, ou de ses collègues.

Mais elle ne restera pas à Marseille : elle est vite appelée à d’autres fonctions ; dès 1957, elle est assistante de psychologie de l’enfant à la Sorbonne. Elle travaille sous la direction de Piaget et de Maurice Debesse, puis de Pierre Oléron, lorsque Piaget part pour Genève. En 1961, elle est nommée, maître assistant de psychologie et de psychopathologie de l’enfant, dans l’équipe d’abord d’Oléron puis dans celle de Daniel Lagache, en 1970 elle devient professeur de psychologie clinique à l’Université René Descartes. Elle quittera ses fonctions universitaires pour se consacrer à ses recherches sur l’identité sexuée en 1990.

On lui doit la création des travaux pratiques de psychologie de l’enfant, celle des certificats spécifiques de psychologie clinique, la distinction avec la psychopathologie, mais elle défendit l’unité de la psychologie.

Colette Chiland a fondé et dirigé le Laboratoire de psychologie de l’enfant de l’Université Paris Descartes, elle a été membre des comités consultatifs de psychologie et de pédopsychiatrie, du CNU, puis directeur de l’UER comme on disait alors.

Soucieuse du statut des psychologues cliniciens, elle a cherché à deux reprises aux Etats-Unis où elle a été visiting professor à Cornell University et Stanford University, une source d’information, ou d’inspiration. Elle en est revenue très consciente de la différence de statut des psychologues dans ces deux pays, et a exprimé le regret de ne pas avoir pu améliorer le statut et la formation des psychologues autant qu’elle aurait aimé le faire.

Bien avant les pressions de l’impact factor, Colette Chiland avait investi beaucoup d’énergie pour se forger les outils qui lui ont donné accès à la littérature internationale : je voudrais notamment rappeler son excellente connaissance de l’anglais, qui lui a permis d’être éditeur aux côtés de Gerald Young, du Yearbook de l’Association internationale de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et des professions associées, qu’elle a contribué à traduire et faire paraître aux PUF pendant plusieurs années, mais aussi ses relations avec le Centre Anna Freud. La connaissance de l’allemand l’empêchait de lire Freud dans le texte, elle se mit à l’apprendre et s’engagea énergiquement contre la nouvelle traduction dirigée par Jean Laplanche pour affirmer son refus du français dit « freudien ».  Traduire était aussi pour elle à la fois un plaisir et un devoir. Elle a fait connaître l’œuvre de Stoller qu’elle considérait comme essentielle dans les recherches sur le transsexualisme et l’identité sexuée.

A l’Université, elle a accompli toutes les missions : les membres de son équipe se souviendront avec moi de Colette arrivant aux réunions avec ses cartables lourds des dossiers du CNU ! Ce dont son équipe se souvient aussi, c’est de sa volonté de maintenir une atmosphère amicale entre tous, elle disait volontiers ne pouvoir travailler autrement.  Le savoir aide à comprendre, mais l’amitié aide à vivre.

Elle a beaucoup écrit, des livres, des articles, les doctorants y puiseront encore de riches réflexions, je vais mentionner son livre Mon enfant n’est pas fou, qu’elle avait écrit avec tant de cœur à l’intention des parents des enfants en difficulté pour leur faciliter la compréhension de ce qui arrivait à leurs enfants, et son livre le plus fort, qui livre le plus intime des questionnements qui ont jalonné sa vie :  Sois sage ô ma douleur, écrit toujours avec la même rigueur méthodologique, et très documenté. L’actualité récente dans notre pays et dans le monde semble vouloir lui ajouter un chapitre, et il fera bon aujourd’hui nous rappeler le seul remède qu’elle ait trouvé contre le mal et la douleur : « Quelle est la force qui permet de survivre dans des situations extrêmes ? Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés au pire, ce qui nous aide à vivre est de rencontrer des êtres humains fiables et aimants… » Ceux dont Camus disait : « Il y a des êtres qui justifient le monde, qui aident à vivre par leur seule présence »

Elle était de ceux-là, qu’elle en soit vivement remerciée.

Michèle Pollak-Cornillot

 

 

 

Membres du PCPP

 

 

 

 

 

  Directeur :
 
  Professeur Sylvain Missonnier
   
  Directeur Adjoint :
 
  Professeur Benoît Verdon
   
  Chargée de la valorisation :
 
  Elisabeth Sioudan-Devailly