CACCHIOLI-GEORGELIN Mélanie

Mélanie CACCHIOLI-GEORGELIN                     

Psychologue clinicienne

Thèse 2015-2018

melanie.georgelin@yahoo.fr

 

 Titre de la thèse : L’identité narrative dans la clinique des enfants violents accueillis en ITEP

 

Directeur de thèse : Pr François MARTY

 

Résumé

 

Notre recherche porte sur l’identité narrative chez des enfants âgés de 6 à 12 ans accueillis en ITEP. Psychologue auprès d’«enfants violents» durant cinq ans, notre thèse est le fruit d’une démarche originale, qui s’appuie à la fois sur la psychopathologie, la psychanalyse, la philosophie et différentes sources culturelles.

Pour Paul Ricoeur, philosophe, l’homme est un être résolument narratif, un être pour qui l’impérieuse nécessité de raconter le monde et de se raconter fonde son essence même. Il s’agit de considérer ce qui demeure de la singularité d’un être au fil du temps, la façon dont il se vit et se raconte. Au travers de ce concept se fait jour une dialectique entre soi et l’autre, entre soi et l’étranger en soi (la mêmeté et l’ipséité). L’identité narrative, c’est la possibilité d’un écart réflexif face à l’évènement, c’est la fondation de l’expérience au regard de la temporalité. C’est donc un aspect de la conscience de soi, une expérience de l’intime, l’expression de la subjectivité telle qu’elle peut être partagée et transformée. Or, dans la clinique des enfants violents, nous observons que tous ont en commun d’échouer à se constituer un récit de vie, à se forger une expérience. Tout se passe comme si le sentiment de continuité dans l’existence (Winnicott) était un canevas troué, sans cesse remis sur le métier.

La psychopathologie des enfants dits « violents » est complexe, elle se compose d’une symptomatologie très hétérogène, ancrée bien que possiblement labile, qui s’origine dans les liens précoces. On note la prévalence des difficultés d’apprentissage en lecture et écriture, des agirs violents plutôt qu’une mise en mots, un vécu émaillé de ruptures et d’évènements traumatiques, un difficile ancrage identitaire et filial et des identifications en souffrance.

Au début de notre recherche, notre travail s’est orienté par ce que nous avons repéré comme les difficultés éprouvées par l’enfant violent à raconter une histoire et a fortiori à mettre en récit la sienne propre. Mais cette démarche se prolonge en ce qu’il s’agit de se demander en quoi l’identité narrative est un concept clé pour apporter une contribution à la compréhension des processus psychiques en jeu. Nous suivons ainsi la piste des processus de pensée obérés sur un fond temporel non constitué en tant que période de latence. En outre, il s’agit d’interroger la pertinence et les limites d’un tel abord psychothérapeutique, questions que nous posons à partir de 12 vignettes et de 8 cas d’enfants suivis en psychothérapie analytique 1 à 3 fois par semaine durant 1 à 4 années. Notre méthodologie de recherche repose sur des retranscriptions de séances de psychothérapie par le jeu, le dessin, les dialogues imaginaires et la parole. Nous avons pensé notre pratique clinique comme un espace pour mettre en mouvement les processus de subjectivation, choisissant ainsi de faire feu de tout bois à partir du matériau apporté par l’enfant. Nous portons notre attention sur les processus de symbolisation et leurs entraves, perceptibles dans le transfert. Le maniement de celui-ci permet de rejouer des enjeux présents, trop présents mais non psychisés, dans le lien aux objets premiers de ces enfants. Nous nous écartons résolument d’une logique évaluative et comportementale pour affirmer la valeur et l’actualité de la clinique du transfert dans ce champ, que l’on peut dénommer clinique de l’extrême. Nous nous appuyons principalement, à partir de la métapsychologie freudienne, sur les apports de Winnicott, de Ferenczi et de l’École lyonnaise. Nous précisons en quoi la philosophie ricœurienne constitue une figure d’altérité pour la psychanalyse et dégageons les lignes de tension épistémologiques entre l’un et l’autre champ.

Enfin, notre recherche est animée par une visée politique : nous souhaitons témoigner de l’urgence humanitaire que constitue la situation de ces enfants en même temps que la nécessité, l’intérêt et la fécondité du travail thérapeutique auprès d’eux.

 

Thèmes de recherche :  

- Psychopathologie de l’enfant

- Psychopathologie de la violence

- Narrativité, récit, écriture de soi

- Processus de subjectivation

- Epistémologie de la psychanalyse

- Psychothérapie institutionnelle

 

Mots-clés : narrativité- identité narrative – enfance - violence – agir - subjectivation

 

Lieux d’exercice : psychologue en service de pédopsychiatrie, analyse des pratiques professionnelles et cabinet libéral

 

Activités d’enseignement :

Université de Poitiers, laboratoire CAPS EA 4050 : ATER temps plein| 2017-2018. Psychologie clinique (L1), U.E Libre : Détruire le corps des femmes (L1, CM), Clinique de l’enfant (L2), Etude de cas (L2), Adolescence et justice (L3), Psychopathologie de l’enfant et image du corps (M1), Suivi mémoire (TER, M1), Epistémologie (M2), Référent de stages (L3, M1).

Université Paris Descartes, Chargée d’enseignements | 2015-2017. Psychologie clinique et psychanalyse (L1 : 24h), psychologie du développement (L3, CM + TD : 26h), psychopathologie de l’enfant (4h), pratiques professionnelles (L1, L2 : 48h).

 

 Publications

À paraître :

-    Georgelin, M. (2018). Figures du monstre en psychothérapie analytique. Enfances & psy. Paris : Erès.

-    Georgelin, M. (2018). La confiance portée aux mots. Des trajectoires analytiques. Accepté dans la revue Le Coq héron (2018) & la revue Sens dessous (2019).

Paru :

-    Georgelin, M. (2018). Journal de père. Collection Poésie(s). Paris : l’Harmattan.

-    Georgelin, M., Ducousso-Lacaze, A. (2017). A propos de l’encoprésie résistante dans la clinique de l’enfant violent. In Analysis, 3. Paris : Elsevier.

-    Georgelin, M. (2017). S’opposer pour un oui ou pour un non ? L’histoire des enfants accueillis en ITEP. Enfances & psy, 73. Paris : Erès.

-    Georgelin, M. (2016). Présence de Paul Eluard à St Alban pendant la guerre. Revue Carnet Psy web. http://www.carnetpsy.com/player.php?id=RWURQM3T

-    Georgelin, M., Marty, F., Gontier, E. (2016). Troubles de la narrativité dans la clinique de l’enfant violent. Annales médico-psychologiques. Vol.174. Elsevier.

-    Cuvelier, M. (2008). Mes oubliettes. En attendant l’or. Paris : Editions du Cygne.

-    Cuvelier, M. (2007). Les mots, ça m’est égal. Paris : Sarbacane.

 

Communications

-    S’opposer pour un oui ou pour un non en ITEP, colloque Enfances & psy, Paris. 15 juin 2018

-    Toucher la limite : Arsène, un préadolescent en psychothérapie. Journée doctorale EA4050. Mai 2018. Université de Poitiers.

-    L’identité narrative dans la clinique de l’enfant violent accueilli en ITEP. Doctoriales. Avril 2018. Université de Lyon 2.

-    L’identité narrative chez des enfants violents accueillis en ITEP. Séminaire du CAPS. Décembre 2017. Université de Poitiers.

-    La parole et le récit : l’identité narrative chez Paul Ricoeur. Mai 2017. Université Populaire de la Roche S/Yon.

-    Troubles de la narrativité dans la clinique de l’enfant violent. Société Médico-Psychologique, hôpital St Anne, Paris. Mars 2016.