CACCHIOLI-GEORGELIN Mélanie

Mélanie CACCHIOLI-GEORGELIN                                       

Psychologue clinicienne

Thèse 2015-2018

2017-2018   ATER en psychopathologie, Université de Poitiers, laboratoire CAPS EA 4050

melanie.georgelin@yahoo.fr

 

 

Titre de la thèse : L’identité narrative chez des garçons violents accueillis en ITEP

 

Directeur de thèse : Pr François MARTY

 

Résumé

Ma recherche porte sur l’identité narrative chez des enfants âgés de 6 à 13 ans, accueillis en ITEP.

Nous nous interrogeons sur les difficultés éprouvées par l’enfant violent à raconter une histoire et a fortiori à mettre en récit la sienne propre.

Paul Ricoeur, philosophe, propose de penser l’homme comme un être résolument narratif, un être pour qui l’impérieuse nécessité de raconter le monde et de se raconter fonde son essence même. Il s’agit de considérer ce qui demeure de la singularité d’un être au fil du temps, la façon dont il se vit et se raconte. Au travers de ce concept se fait jour une dialectique entre soi et l’autre, entre soi et l’étranger en soi (la mêmeté et l’ipséité).

L’identité narrative, c’est la possibilité d’un écart réflexif face à l’évènement, c’est la fondation de l’expérience au regard de la temporalité. C’est donc un aspect de la conscience de soi, une expérience de l’intime, l’expression de la subjectivité telle qu’elle peut être partagée et transformée.

Or, dans la clinique des enfants violents, nous observons que tous ont en commun d’échouer à se constituer un récit de vie, à se forger une expérience. Tout se passe comme si le sentiment de continuité dans l’existence (Winnicott) était un canevas troué, sans cesse remis sur le métier.

C’est en cela que la mise en acte peut être lue comme une ultime tentative d’historicisation (P.Aulagnier) par le corps propre : l’acte violent prend source là où la mise en récit est escamotée, trouée, il déferle et charrie l’indicible douleur de vivre.

Si l’on peut alors considérer que la fragilité de l’identité narrative, ses vacillements, ses achoppements sont le lot de tout être humain, notre dessein serait de préciser en quoi elle est singulièrement menacée chez l’enfant violent.

En effet, les difficultés comportementales, observables rencontrées par les garçons violents accueillis en ITEP sont pointées, dans l’après-coup, dès l’âge de 2/3 ans par les parents et les enseignants. C’est donc au moment de la construction du sujet et de l’émergence du récit qu’apparaissent ces symptômes.

Dans cette perspective, il apparaît que les troubles du comportement sont une conséquence des troubles de la narrativité chez l’enfant : c’est l’hypothèse que nous défendrons au cours de notre recherche.

 

Thèmes de recherche :  

- Psychopathologie de l’enfant

- Psychopathologie de la violence

- Narrativité, récit, écriture de soi

- Processus de subjectivation

- Epistémologie de la psychanalyse

- Psychothérapie institutionnelle

 

Mots-clés : narrativité- identité narrative – enfance - violence – agir - subjectivation

 

Lieux d’exercice : ITEP et cabinet libéral

 

Activité d’enseignement :

Université Paris-Descartes 2016-2017 :

L1 : Cli1, MPPP1

L2 : PPE

L3 : MPP3 Education

 

Publications :

-     Georgelin, M. (2017). S’opposer pour un oui ou pour un non ? L’histoire des enfants accueillis en ITEP. Enfances & psy, 73. Paris : Erès.

-     Georgelin, M. (2016). Présence de Paul Eluard à St Alban pendant la guerre. Revue Carnet Psy web. http://www.carnetpsy.com/player.php?id=RWURQM3T

-     Georgelin, M., Marty, F., Gontier, E. (2016). Troubles de la narrativité dans la clinique de l’enfant violent. Annales médico-psychologiques. Vol.174. Elsevier.