THEMA 6 : Dispositifs Thérapeutiques

THEMA 6 : Dispositifs Thérapeutiques

Responsabilité du THEMA : Marcela GARGIULO (MC HDR) & Clara DUCHET (MC)

BILAN 2012-2017 : une analyse après-coup

Membres : 22 au total

Responsabilité du THEMA : Marcela GARGIULO (MC HDR) & Clara DUCHET (MC) 

Membres Permanents (15) :

C. AZOULAY (Pr.) ; J. BOUTINAUD (MC) ; C. CHABERT (Pr.) ; M. CORCOS (Pr.) ; M. DE LUCA (PAST) ; C. DUCHET (MC) ; M.  EMMANUELLI (Pr.); M. GARGIULO (MC-HDR) ; B. GOLSE (Pr.) ; K. GUENICHE (MC) ; M. GUINARD (MC) ; A. KONICHECKIS (Pr.) ; S. MISSONNIER (Pr.); B. VERDON (Pr.) ; X. VLACHOPOULOU (MC).

Doctorants (5) :

E. BLACIOTI, A. BRAULT ; P. J. CHANTEPIE ; C. GUEGUEN ; C. RACIN.

Membres temporaires (2) :

A. LACHAN (PHD) ; A. BLANC (PHD).

Objectifs du THEMA

Notre THEMA « Dispositifs thérapeutiques » occupe une place transversale dans la toile des cinq autres THEMA du laboratoire au regard de ses préoccupations théorico-cliniques. Tous ses membres sont engagés dans des activités cliniques et de recherches variées, en lien avec des prises en charge thérapeutiques classiques se référant au modèle de la cure type freudienne, et/ou, en lien avec des pratiques plus originales, relevant de « dispositifs psychanalytiques sans divan ». Ces dispositifs concernent des âges particuliers de la vie (périnatalité, bébé, adolescence, grand âge…), des contextes de soins singuliers (milieu carcéral, soins d’urgence post-traumatiques, psychodrame, permanences téléphoniques…), ou encore des aménagements spécifiques liés à des populations particulières (consultations parents-fœtus/bébé, familiales, groupales, de couples…). La richesse et l’étendue de ces dispositifs nous invitent à repenser plus particulièrement les cadres et les dimensions transférentielles en jeu dans chacun d’entre eux.

 Au cours de nos travaux réflexifs et de nos rencontres, trois objectifs de travail se sont dégagés : 

1er objectif : Mettre en perspective conceptuelle des questions métapsychologiques sur la recherche en psychanalyse et sur les dispositifs thérapeutiques ;

2ème objectif : Affiner des critères d’évaluation cliniquement pertinents et éthiquement recevables en lien avec une réflexion approfondie sur les principes et les effets de ces évaluations ;

3ème objectif : Evaluer les effets thérapeutiques des cadres proposés en termes de processus psychiques, de potentialités de changement et de résistance en lien avec les caractéristiques des dispositifs et les facteurs pronostics du devenir psychique ».

Ces objectifs sont mis en perspective avec une question méthodologique transversale signant désormais notre identité thématique, à savoir la mise en tension des recherches sur/ en / ou avec la psychanalyse, en articulation avec la clinique psychanalytique sur et hors divan.

 

Mots clés : Dispositif thérapeutique ; cure type ; psychanalyse sans divan ; âges de la vie ; transfert ; psychothérapies ; méthodes de recherche ; évaluation.

 

Cadre et méthodes de travail

1. Récurrence : Rythme trimestriel, 4 réunions à minima des membres du THEMA par année universitaire, complétées par des journées scientifiques et des rencontres interuniversitaires. 

2. Méthode de travail : Alternance d’étude de textes théoriques (lectures communes) et de présentations de nos dispositifs cliniques et de recherche.

Au niveau de la veille scientifique, nous avons travaillé sur des auteurs classiques et modernes choisis collectivement afin d’éclairer les questions posées par nos dispositifs thérapeutiques et de travailler sur la problématique de l’évaluation des psychothérapies. La présentation d’un texte par l’un des membres du THEMA est suivi d’une discussion visant à articuler théorie et clinique. Nous procédons de la même manière lorsqu’une recherche ou un dispositif est présenté, l’idée est d’avoir toujours un texte servant de base commune à la réflexion.

3. Contenu thématique des réunions :

Une première réflexion, conséquente, à propos des termes même de notre THEMA : « dispositifs » et « thérapeutiques », nous a permis de mettre au travail les notions de : Cadre, setting, dispositif, processus et non processus, thérapeutique, clinique. Ces derniers ont été mis en perspective avec des termes et méthodes de traitement : Psychanalyse, traitement psychanalytique, cure psychanalytique, thérapie psychanalytique, psychothérapie analytique, psychothérapie.

Références principales  

BLEGER, J. (1979) : « Psychanalyse du cadre psychanalytique » dans Crise, rupture et dépassement, Dunod, p. 255-285.

FREUD, S. (1904/2007). La technique psychanalytique. D. Lagache (Ed.). Presses universitaires de France.

GREEN, A. (2002) « Cadre, Processus, Transfert » tiré de l'ouvrage Idées directrices pour une psychanalyse contemporaine.

ROUSSILLON, R. (2012). « Manuel de pratique clinique », Masson + interview vidéo de l’auteur à ce sujet via S. Missonnier pour Le Carnet Psy.

Cette première phase de travail nous a ouvert à une seconde à propos des termes, principes, objectifs et définitions de la Cure type en lien avec les questions épineuses de la guérison. Cette réflexion nous a paru fondamentale notamment pour réfléchir aux pertinences des objets et des méthodes d’évaluation choisis pour nos recherches, en lien avec les concepts de care et de cure.

Références principales

FREUD S. (1923). « Psychanalyse » et « Théorie de la libido », trad. fr., Dans Œuvres complètes, XVI, 1991, p. 183-208. Paris, France : Presses universitaires de France,

CAHN Raymond (2002), La fin du divan ? Paris, France : Odile Jacob.

KAHN Laurence (2014). Le psychanalyste apathique et le patient post-moderne. Paris, France : Edition de l’Olivier. 

WIDLÖCHER, D. (2009). Le cerveau, aux frontières de la pratique psychanalytique. Dans OUSS, L., GOLSE, B., GEORGIEFF, N. et WIDLÖCHER, D. (dir.), Vers une neuropsychanalyse ? Paris, France : Odile Jacob.

WINNICOTT, D. W. (1970). Cure. Dans D. W. WINNICOTT et B. BOST (dir.), Conversations ordinaires (p. 123-133). Paris, France : Gallimard, 1988.

En articulation avec les points précédents est apparue la question de l’évaluation des dispositifs thérapeutiques, avec les difficultés et les questions éthiques qu’entraîne nécessairement cette problématique de l’évaluation. Nous nous sommes interrogés notamment sur :

- les effets de l’utilisation des méthodes quantitatives et qualitatives dans nos protocoles de recherches

- les effets des procédures de consentement à la recherche sur les patients, en différenciant les contextes de recherche en fonction des lieux thérapeutiques (recherches en clinique), lieux spécifiques de recherche (recherches sur la clinique) ;

- les effets du contre transfert du chercheur par rapport à la méthode de la recherche ;

- la question de la demande qui nécessairement influence les dispositifs de recherche avec la nécessité de distinguer les cadres de recherche : école doctorale et université, institutions de soins, psychothérapeutique sur et hors divan.

Références principales

BRUN Anne (2014). Médiation thérapeutique picturale et associativité formelle dans les dispositifs pour enfants avec troubles envahissants du développement. La psychiatrie de l'enfant, 2014/2 Vol. 57, 437-464.

DE MAAT, S., De JONGHE, F., DE KRAKER, R., LEICHSENRING, F., ABBASS, A., LUYTEN, P. et BARBER, J.P. (2013). The Current State of the Empirical Evidence for Psychoanalysis: A Meta-analytic Approach. Harvard Review of Psychiatry, 21 (3) 107-137.

THURIN, J. M., THURIN, M., COHEN, D. et FALISSARD, B. (2014). Approches psychothérapiques de l’autisme. Résultats préliminaires à partir de 50 études intensives de cas. Neuropsychiatrie de l'Enfance et de l'Adolescence, 62(2), 102-118.

 

Axes de recherche, événements saillants et illustrations scientifiques en 2014/2017 

 

Deux axes majeurs pour 2014/2017

 

AXE 1 : Méthodes de recherche en psychologie clinique et en/avec/sur la psychanalyse. Nous avons produit un questionnement sur la question fondamentale du « comment chercher » en psychanalyse, problème de fond chevillé à la question de la psychanalyse avec et sans divan. 

Ce travail est le fruit d’un questionnement émergeant de notre travail commun définit par les interrogations suivantes :

1.   Comment rendre compte de la singularité du processus psychanalytique dans ce qu’il contient de soi dans l’objet de recherche ?

2.   Doit-on chercher différemment selon que l’on propose une recherche sur / en ou avec la psychanalyse ?

3.   Une recherche « planifiée » est-elle compatible avec le modèle psychanalytique ? Est-il possible de « planifier » une recherche en psychanalyse tout en maintenant le procédé de la découverte et de la surprise liée à la règle de la libre association (pour la cure, on ne planifie pas à l’avance nos hypothèses, elles se construisent au fur et à mesure du processus psychanalytique) ?

4.   Chercher, est-ce nécessairement évaluer ? Si oui, qu’évalue-t-on par le biais d’une recherche psychanalytique ? Un but ? Des symptômes ? Une guérison ? Une amélioration symptomatique ? Un processus en jeu dans la cure et les différents dispositifs ? Les mouvements ou impressions transférentielles ? Les mouvements identificatoires ?

Conclusion préliminaire : la validation de la thérapeutique psychanalytique requiert une stratégie complexe et diversifiée. Celle-ci comporte une pluralité de méthodes de vérification empirique. Importance du savoir clinique, issu de la méthodologie herméneutique et constructiviste, qui noue ses liens fondamentaux avec l’a-scientificité de l’humain.

 

AXE 2 : Évaluation des dispositifs thérapeutiques.

Les cliniciens ont eu tendance à rester longtemps dans leur « tour d’ivoire » concernant les méthodologies cliniques d’évaluation. Il nous a semblé important de ne pas rester dans une position critique concernant les procédures d’évaluation conçues selon d’autres modèles que ceux référés à l’épistémologie psychanalytique. Notre objectif scientifique était de poser les fondations d’une réflexion sur l’évaluation clinique des dispositifs cliniques, individuels, groupaux et institutionnels de psychothérapie psychanalytique. Nous avons souhaité faire une analyse critique de l’évaluation des dispositifs thérapeutiques référés à la théorie psychanalytique. Pour se faire, nous avons exploré la revue de la littérature et réfléchi aux méthodologies cliniques d’évaluation des dispositifs thérapeutiques de soin selon l’épistémologie psychanalytique. En effet, l’évaluation des dispositifs thérapeutiques s’est appuyée sur les critères de la médecine fondée sur des preuves (EBM).  L’analyse de la littérature internationale nous a permis de constater que les résultats comparatifs des études sont déduits des preuves d’efficacité établies par des méta-analyses ou des essais randomisés, de forte puissance statistique.  Ces études, ainsi que leurs conclusions, reposent essentiellement sur l’évolution des éléments observables, comme les symptômes, le bien-être, ou la satisfaction des patients ou des analystes sur le déroulement des cures.

Nous avons repris les travaux de Rolf Sandell (2000) sur l’étude comparative des résultats de cure types et de psychothérapies analytiques en utilisant principalement une batterie de questionnaires d’auto- et d’hétéro-observation très complète. Nous avons également exploré les travaux de Leuzinger et al (2000), qui utilisait une méthode quantitative (questionnaires classiques à remplir par les patients après la fin de leur traitement et des informations des assurances). L’approche qualitative procédait par interview des analystes des patients à différents moments des cures, lors d’une procédure complexe en plusieurs étapes, afin de déterminer les aspects inconscients et l’évolution de la dynamique.

 

Conclusion préliminaire :  

Notre démarche ne peut pas s’inscrire dans l'idéal de l'expertise biomédicale car la complexité de l’humain n’est pas réductible à des considérations purement quantitatives. Nous avons soulevé les difficultés méthodologiques concernant l’évaluation des processus psychiques au sein des psychothérapies et l’impossibilité de nous référer aux méthodes classiques d’évaluation.

 

Événements scientifiques saillants en 2014/2017

 

Première journée scientifique du THEMA :

Le 18 mai 2016 à l’Université Paris Descartes, Boulogne Billancourt (Paris). Invités d’honneur : Simone Korff Sausse (MC, Paris Diderot) et Florian Houssier (Pr. Paris XIII), discutant : Pr. Sylvain Missonnier (PCPP, Paris V).

Synthèse de la journée scientifique :

•   L’objectif était de réfléchir au passage de la cure type aux dispositifs thérapeutiques et aux dispositifs de recherche en psychanalyse.

•   Nous avons souligné les dangers de mystification de la théorie freudienne qui guette l’héritage psychanalytique. Nous avons évoqué les « nouvelles cliniques contemporaines » comme celle de la clinique du handicap qui conduisent à un déplacement de l’analyste, qui s’engage différemment, de manière plus active (qui verbalise et éventuellement interprète), guidé par les éléments contre-transférentiels qui s’offrent toujours comme des clés de compréhension précieuses.

•   En termes de recherche nous avons souligné l’impératif d’objectivité célébré par les standards de publication actuels, pour lesquels les données trouvées avec des méthodes de recueil de données standardisées donneraient accès à un contenu prélevé, en lieu et place du trouvé/créé inhérent à la méthode analytique dans sa tentative de compréhension des phénomènes psychiques inconscients, accessibles par le truchement de son outil privilégié : le transfert/contre- transfert.

•   Ce que la clinique analytique apprend/permet à la recherche, c’est que le processus de co-construction permet de ne pas être obnubilé par la question de la différenciation entre objectivité et subjectivité, quand, sur un mode défensif, elle se présente sous la forme d’une tentative de séparation franche entre ce qui vient de soi et ce qui vient de l’autre.

•   Nous avons souligné que le cadre sert à être libre lorsqu’un processus d’intégration nécessaire permet le passage du cadre classique aux aménagements du cadre (repères internes, subjectifs, du clinicien comme garant du cadre analytique, dont la fiabilité doit permettre d’y déposer sa confiance).

 

Deuxièmes journées scientifiques du THEMA :

Les 21-22 octobre 2016, en collaboration avec le CRPPC de l’Université Lyon 2 : Journées scientifiques du THEMA « Dispositifs Thérapeutiques » à Lyon, réunissant des membres du laboratoire PCPP participant au THEMA « Dispositifs Thérapeutiques » et des membres du laboratoire CRPPC. 

Synthèse des journées scientifiques :

•   Ces journées furent d’abord l’occasion de présenter, pour chacune des deux équipes, le contexte dans lequel la problématique de l’évaluation s’était faite jour dans leur laboratoire, ainsi que les grandes lignes historiques de leurs réflexions. Après une présentation de notre laboratoire et ses axes de recherche par Sylvain Missonnier, Clara Duchet et Marcela Gargiulo ont rappelé le cheminement du THEMA pour arriver à la question de l’évaluation à partir des réflexions engagées sur les dispositifs analytiques hors divan, et les travaux réalisés jusqu’alors (travail de texte, présentation de recherche, formalisation des dispositifs utilisés par chacun etc.). René Roussillon et Anne Brun de Lyon 2 ont, quant à eux, rappelé les lignes de force sur lesquelles s’est peu à peu construite une identité clinique et universitaire (travaux sur le jeu, sur les médiations thérapeutiques, etc.) et au sein desquelles s’est progressivement fait jour la question des dispositifs thérapeutiques, de leur formalisation et de leur évaluation.

•   Nous avons souligné la préoccupation actuelle pour l’évaluation des psychothérapies psychanalytiques. Il est bien nécessaire, même si cela entraîne des débats parfois vifs, que les praticiens et universitaires référés au modèle psychanalytique sortent de leur tour d’ivoire pour aller sur le terrain de l’évaluation, il est aussi important qu’ils échangent sur les méthodes qu’ils utilisent pour ce faire.

•   Nous avons constaté que l’objet de recherche « évaluation de dispositifs thérapeutiques » n’a pas la même ancienneté, ni la même histoire pour chacun des laboratoires, notamment du fait de paysages institutionnels et de contextes cliniques différents. Il n’en reste pas moins que tous les intervenants mettent en avant la pluralité des pratiques psychanalytiques, donc également la pluralité des processus s’y déployant. En partant de là, nous constatons la nécessité de mettre en exergue les spécificités du déploiement de l’appareil analytique en fonction des dispositifs concernés.

•   Nous soulignons combien les settings « à la limite », lorsqu’ils émergent (psychanalyse de patients psychotiques, d’enfants, d’adolescents, de patients borderline, de patients autistes, etc.), mettent au travail, en tension, la théorie analytique et deviennent sources d’une créativité et d’une réflexivité importantes, en dévoilant les implicites des dispositifs déjà existants.

 

Conclusion :

Si entre les deux laboratoires, les cliniques varient (psychothérapie individuelle d’enfants, psychodrame psychanalytique, psychothérapies d’adolescents, médiations thérapeutiques, groupes théâtre, clinique de la protection de l’enfance, dispositifs conduits en milieu carcéral) et les méthodes de recherches diffèrent (prises de notes, construction de grilles, de tableaux, utilisation de tests projectifs, de tests d’efficience, etc.), l’ensemble des présentations de ces journées ont montré l’importance de la formalisation des processus d’évaluation, malgré la complexité de cette démarche.

Ces journées ne furent que les premières d’une longue série d’échanges futures, permettant de nous engager dans la problématique de l’évaluation tout en nous s’inscrivant dans un paradigme clinique, compatible avec l’épistémologie et les pratiques psychanalytiques, afin de défendre ce modèle au sein de la communauté universitaire, psychanalytique et au-delà.

 

Recherches phares en cours

Chacune des recherches présentées ici impliquent des chercheurs de notre THEMA, elles sont ici nourries par les réflexions et travaux spécifiquement menés dans nos réunions. Elles sont donc toujours présentées et travaillées en articulation avec notre axe thématique, à savoir la question de l’étude des dispositifs thérapeutiques. Ces mêmes recherches peuvent faire l’intérêt d’autres THEMA, dans ce cas elles sont explorées selon un axe inhérent au THEMA de référence.

•   2015-2018 : Évaluation des processus de changements au cours de psychothérapies analytiques d’adolescents et de jeunes adultes suivis au Centre Henri Danon Boileau. Obtention de l’accord du CPP Ile de France 2 en octobre 2016.

Équipe universitaire : Pr. Catherine Chabert, Pr. Catherine Azoulay, Marcela Gargiulo MCF-HDR, PJ Chantepie (doctorant), Alice Lachan (membre temporaire du Laboratoire).

Recherche en lien avec notre THEMA et celui de Métapsychologie et Psychopathologie Fondamentale.

Cette recherche se situe au cœur de nos axes de recherche puisque l’objectif principal est d’explorer et de mettre en évidence les processus de changement dans le fonctionnement psychique d’adolescents et de jeunes adultes suivis en psychothérapie psychanalytique et la manière dont ils s’expriment au cours et/ou à l’issue de la prise en charge conduite dans un centre de psychanalyse.

L’hypothèse générale est la suivante : chez l’adolescent et le jeune adulte les psychothérapies psychanalytiques sont susceptibles de mobiliser des ressources internes importantes et de mettre en évidence des effets externes (amélioration symptomatique, reprise des investissements relationnels et des projets d’avenir) de façon plus ou moins rapide et durable selon les modes de fonctionnement du sujet et la gravité des troubles qui s’y expriment. Population : 15-20 adolescents et jeunes adultes, étudiants externes, patients hospitalisés, dans la mesure des possibilités de recrutement. Actuellement : 12 patients ont été inclus dans la recherche depuis 12 mois. Le temps 1 est révolu. La mise en place du temps 2 est imminente. 

•   2015- 2018 : Étude PREDICT. Effets du dispositif d’annonce et de la temporalité dans la prise de décision dans les tests génétiques présymptomatiques des maladies cardiogénétiques. Responsable de l’équipe 1 : Philippe Charon,  Centre de référence maladies cardiaques héréditaires, Département de génétique médicale & Université Paris 6 (UPMC) & INSERM UMR-1166, Responsable de l’équipe 2 : Marcela Gargiulo, Laboratoire de psychologie clinique, psychopathologie, psychanalyse (EA 4056), Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, Institut de Psychologie, Responsable de l’équipe 3 : Sophie Teznas de Montel, Unité de Bio-statistiques et ER4 Modélisation en Recherche Clinique, Université Paris 6 ( UPMC). Financement par la Fondation Maladie Rares : 100000 euros.

Recherche en lien avec notre THEMA et celui de Psychopathologie des expériences du corps.  

Cette recherche se situe dans l’interface entre la médecine, la psychologie clinique, la psychanalyse et l’éthique. Elle permettra d’étudier comment les dispositifs d’annonce du diagnostic peuvent être pensés par les équipes médicales pour mieux soutenir les effets de la révélation d’un diagnostic à un stade présymptomatique dans le cas des maladies cardiaques. Les maladies cardiaques héréditaires ont une prévalence de 1/2500 à 1/5000 pour les principales, et 1/500 pour l’une d’entre elles. L’expression cardiaque est volontiers retardée à l’âge adulte et le test génétique prédictif est proposé chez les apparentés asymptomatiques. L’impact psychologique du test génétique prédictif est cependant mal connu et les modalités précises de l’accompagnement au cours de la consultation de génétique sont très hétérogènes selon les équipes. Objectifs : i) Evaluer l’impact psychologique de la révélation du statut génétique sur les personnes à risque de développer une maladie cardiaque héréditaire et qui ont réalisé un test génétique prédictif. ii) Recenser les modalités d’organisation des consultations de test prédictif et évaluer l’influence de cette organisation médicale sur les consultants. Méthodes : étude prospective multicentrique. L’étude sera menée dans dix centres de génétique sélectionnés à trois moments différents (avant consultation, avant le rendu de résultat, après le rendu de résultat). L’impact du résultat génétique sera analysé en pondérant selon la représentation subjective du risque, la gravité de la maladie dans la famille, la structuration de la consultation (notamment la présence ou pas d’un délai de réflexion avant le prélèvement), le résultat du test génétique. Un entretien de recherche semi-structuré approfondie avec une psychologue clinicienne sera également proposé à un sous-groupe de 12 consultants (analyse qualitative des entretiens). 

•   2011-2018 : « Paul Federn et la psychothérapie des psychoses : en repartant de la correspondance inédite de S. Freud à P. Federn » Direction de la recherche : Florian Houssier, Professeur à l’Université Paris 13. Xanthie Vlachopoulou, Université Paris Descartes, PCPP. Financement (à compléter) : Collège International de L’Adolescence.

Cette recherche permet d’étudier la technique psychanalytique à travers la correspondance inédite entre les deux auteurs. Paul Federn est connu pour avoir été un des principaux pionniers de l’étude psychanalytique et de la psychothérapie des psychoses. Ces travaux ne portent pas seulement sur la psychose mais également sur le fonctionnement psychique du sujet lorsqu’il se trouve dans des espaces entre-deux, entre sommeil et rêve, ou encore dans des moments « normaux » de dépersonnalisation tels qu’ils peuvent émerger, notamment au moment de l’adolescence. Les écarts entre sa théorisation et celle de Sigmund Freud, dont il était un des proches, constituent un intérêt supplémentaire pour revisiter ses travaux et en faire ressortir de nouveaux éléments métapsychologiques. La correspondance inédite entre les deux hommes est également investiguée, ainsi que sa biographie, afin de présenter Paul Federn, l’homme comme le théoricien, dans son contexte. Méthodologie : elle consiste à étudier les publications inédites (en langue anglaise et allemande) concernant : les états d’endormissement, les rêves, la déréalisation dans la névrose ; la construction du sujet, la limite moi/non-moi, la dépersonnalisation ; la psychose maniaco-dépressive, la schizophrénie ; la psychothérapie des psychoses ; la technique analytique.

•   2014-2018 : “Correspondance inédite Anna Freud – Donald Winnicott”. Recherche menée par le Pr Florian Houssier (Paris XIII) et Xanthie Vlachopoulou (Paris Descartes). Matériel récolté à la Library of Congress (Washington) – voyage de recherche financé par le laboratoire PCPP (Université Paris Descartes) et l’UTRPP (Université Paris 13). Cette recherche étudie la correspondance que Winnicott entretient avec A. Freud entre 1946 et 1970. Elle nous permet d’approfondir notre réflexion épistémologique sur la pratique clinique du quotidien, telle qu’elle transparaît dans la correspondance des pionniers de la psychanalyse, éclaire l’actualité de nos représentations et de notre clinique actuelle. La méthodologie de cette recherche s’appuie sur l’étude de la correspondance intégrale et inédite entre Winnicott et A. Freud afin de dégager les aspects les plus originaux sur un plan à la fois théorique et clinique.

•   2015-2018 : « Clash back ». Recherche–action menée par Xanthie Vlachopoulou, Lise Haddouk, Audrey Esposito et Benoît de Galembert, avec le soutien logistique de la Clinique du Château du Bel Air (Clinea-Orpea) et de l’Institut du Virtuel Seine Ouest (IVSO). Cette recherche nous permet d’augmenter nos connaissances sur les dispositifs thérapeutiques avec l’utilisation des médiations par le jeu. Le jeu « Clash back » a été développé dans le but de recréer les moments de crise entre les adolescents et leur famille. Le personnage principal de ce jeu est Chloé, une jeune fille de 16 ans qui essaie de convaincre son père de lui permettre de se faire tatouer. Le joueur choisit les répliques qu'il veut dire, dans le but de se faire tatouer. Nous utilisons ce jeu avec des adolescents suicidaires (entre 14 et 19 ans) au cours de leur hospitalisation complète dans un centre psychiatrique, sur la durée moyenne d'un mois. Chaque partie est enregistrée et donne un profil quantitatif sur le joueur, sur les aspects que la sociabilité, l'impulsivité et l'adaptabilité. Nous comparons ces résultats au génogramme, au diagnostic médical et aux données qualitatives recueillies au cours d'entretiens cliniques réguliers pendant l'hospitalisation.

•   2015-2018 : « Les téléchargeurs de films pédo-pornographiques ». Recherche menée par Xanthie Vlachopoulou et Glicinia Lopes (psychologue, coordinatrice du CRIAVS de Picardie). Avec le soutien logistique du Centre Ressources pour les intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles de Picardie. Avec la démocratisation d’Internet, les téléchargeurs de films pédo-pornographiques viennent questionner les frontières de la psychopathologie psychanalytique classique. Cette recherche, enrichie par la méthodologie projective, est effectuée auprès d’un public de jeunes adultes incarcérés à la suite de cette pratique de téléchargement pédopornographique et offre la promesse d’une réflexion psychopathologique longitudinale sur les interrogations issues de l’introduction des réalités virtuelles dans nos vies.

 

Thèses en lien avec notre THEMA

Les doctorants associés à notre THEMA sont régulièrement invités à présenter l’avancement de leurs travaux en lien avec nos axes de recherche. Voici quelques-unes des recherches qui ont été discutées. 

Anthony Brault est Doctorant en 1ère année (PCPP, EA 4056) sous la direction du Pr. François Marty : « L’identité sonore à l’adolescence ». Il travaille sur la place et la fonction du sonore et de la musique dans les réaménagements identitaires propres à l’adolescence. Plus spécifiquement, il étudie l’appropriation psychique et subjective des expériences sensorielles et corporelles nouvelles de l’adolescent dans le champ du sonore (voix, rythme, écoute…), et ses achoppements psychopathologiques. Sa recherche tend à mieux repérer et comprendre les processus psychiques en jeu au sein d’un dispositif de « musicothérapie analytique de groupe » (E. Lecourt) ainsi que d’en évaluer sa pertinence auprès de patients adolescents hospitalisés en psychiatrie. Ce deuxième axe de recherche prend alors tout son sens dans l’inscription au théma « Dispositifs thérapeutiques ».

Pierre-Justin Chantepie est Doctorant en deuxième année de thèse sous la direction du Pr. Catherine Azoulay : « Approche des processus de changement au cours de psychothérapies psychanalytiques d’adolescents et de jeunes adultes sous le prisme de la temporalité psychique ». Sa recherche vise à étudier les processus de changement susceptibles d’apparaitre dans le cours et/ou à l’issue de prises en charges psychanalytiques d’adolescents et de jeunes adultes. Il s’agit d’évaluer les processus-effets d’une méthode, d’un cadre et d’un dispositif thérapeutique particuliers, dans une perspective longitudinale.

Céline Racin est Doctorante en dernière année de thèse sous la direction du Pr. Benoît Verdon : « De l’hospitalisation à l’institutionnalisation des soins de longue durée chez le sujet âgé dépendant : étude clinique et psychopathologique d’un passage à risque ». Sa recherche a pour objectif de mieux comprendre l’expérience sensible et singulière des hommes et des femmes qui rencontrent, sur le chemin du vieillissement et de la vieillesse, la nécessité de soins de longue durée qui inscrit la perspective d’un devenir placé sous le signe de la dépendance. Elle fait l’hypothèse que l'impact psychopathologique du passage d’une hospitalisation à une institutionnalisation des soins de longue durée est fonction de la capacité d’élaboration des problématiques de perte et de passivité du sujet, mobilisées par la vulnérabilité somatopsychique nouvelle ou accrue. Les résultats attendus devraient permettre de constituer des axes de réflexion pour les pratiques thérapeutiques, individuelles et institutionnelles, visant à mieux comprendre les réactions des personnes âgées aux propositions d’aide qui leur sont faites, et à aménager les modalités d’accompagnement nécessaires pour soutenir les personnes et leurs proches dans ce passage difficile en leur permettant de s’approprier cette expérience et de l’inscrire dans leur parcours biographique.

 

Horizon à court terme (2017/2018)
Projets de recherche qui débutent en 2017

2017-2020 : L’impact psychothérapique de l’utilisation de la médiation « paysage intérieur » auprès d’adolescents anorexiques dans le cadre de leur suivi en service de psychiatrie infanto-juvénile. Responsable scientifique : Jérôme Boutinaud. En partenariat avec les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg : Service de psychiatrie infanto-juvénile représenté par le Pr. C. Schröder (Chef de service). Laboratoire PCPP (EA 4056), Université Paris Descartes-SPC, dirigé par le Pr. S. Missonnier. Correspondants au niveau des HUS : Pr. C. Schröder (Chef de service-psychiatrie infanto-juvénile), Philippe Chabert (Praticien hospitalier), Eurgen Le Bras (Ergothérapeute), Jérôme Boutinaud (Psychologue). Au niveau du PCPP : Jérôme Boutinaud (MC), Sarah Vibert (MC), Catherine Azoulay (Pr.). Autres personnes impliquées dans la recherche : Mélanie Jacquot (MC au Laboratoire SULISOM de la Faculté de psychologie de l’Université de Strasbourg). Objectifs et hypothèses de recherche : La recherche s’intéresse aux processus psychiques impliqués dans le contexte psychopathologique que constitue l’anorexie mentale mais aussi aux effets psychothérapiques de la médiation « Paysage intérieur » sur les adolescents souffrant d’un tel trouble. Elle s’appuie et prolonge la réflexion menée dans une précédente recherche (Boutinaud, Chabert, Le Bras 2012), où ont pu être mis en évidence tant la dimension projective présente dans la médiation que sa dimension psychothérapique. Axe de recherche : Etude, par le biais de la passation du Rorschach avant et après l’utilisation de la médiation, des possibles effets de cette dernière sur l’image du corps (Pireyre, Dolto) de ces patients. Hypothèse principale : la participation à la médiation provoque un changement significatif de la perception que les patients se font de leur corps, en particulier à un niveau inconscient : ces effets restent à déterminer et à définir, en fonction des résultats obtenus au Rorschach lors des deux passations. Hypothèse associée : le dispositif de recherche permet d’approfondir les mécanismes psychopathologiques présents dans l’anorexie mentale, par le biais de la compréhension des théories fantasmatiques élaborées par ces patients autour de leur corps. Population : Une recherche préliminaire propose dans un premier temps de travailler avec un échantillon clinique de 6 patients adolescents (âge à préciser) présentant une anorexie mentale, hospitalisés dans le service dans le pavillon Esquif (Unité d’hospitalisation à temps plein) ou bien suivis en ambulatoire en hôpital de jour. Dispositif de recherche : Après présentation auprès des responsables de service, validation par le comité d’éthique des HUS et obtention des accords nécessaires, le cadre de recherche proposera une organisation en trois temps pour chaque patient : 1) Passation initiale du Rorschach. 2) Proposition de participation à la médiation « Paysage intérieur ». 3) Nouvelle passation du Rorschach après une durée déterminée à définir. Les passations du test seront effectuées par Mme Mélanie Jacquot et les résultats seront analysés en double aveugle par une ou plusieurs chercheurs projectivistes membres du PCPP ou mandatés par celui-ci. La médiation « paysage intérieur » sera toujours menée sur plusieurs séances par la même thérapeute (Eurgen Le Bras). Cette médiation, en termes de dispositif, propose aux adolescents, après avoir dessiné le tour de leur silhouette sur le support d’une feuille de papier accrochée verticalement à un mur, de compléter cette esquisse à leur convenance. Plusieurs supports disponibles peuvent dès lors être utilisés (peinture, feutres, crayons, collage etc.), tandis que la consigne énoncée reste celle de « dessiner son paysage intérne ». La présence du thérapeute auprès de l’adolescent se situe du côté d’un accompagnement autour de la réalisation, sous la forme d’une disponibilité qui ne se situe pas dans une démarche interprétative verbale classiquement proposée en psychothérapie. L’adolescent n’est lui non plus pas invité explicitement à s’exprimer verbalement pendant la séance mais il lui est bien entendu permis de le faire s’il le souhaite. Ces séances font l’objet de quelques rencontres relativement proches, plus ou moins nombreuses selon le temps dont l’adolescent a besoin pour finaliser sa création. Les temps de ces rencontres (où les patients sont suivis en individuel) font l’objet d’un recueil de données (Prises de note après observation).

  • 2017-2022 : Évaluation des processus de changement au Psychodrame Psychanalytique individuel (mise à l'épreuve d'une grille d'évaluation) en partenariat avec A. Blanc et J. Boutinaud (Hôpitaux Universitaires de Strasbourg).

•  2017-2020 : Projet de recherche ERPETH. Responsable Scientifique : Clara DUCHET. « Etude Rétrospective et Prospective des Effets du Temps, de l’Histoire et de la politique des soins d’urgence médico-psychologique - en lien avec les dispositifs thérapeutiques mis en place - sur les personnes et les collectifs victimes de violence terroriste ».

Il s’agît de prendre en compte le point de vue du clinicien psychanalyste ayant une expérience préalable des dispositifs thérapeutiques proposés aux patients – victimes d’actes terroristes. La recherche ERPETH sera articulée à une précédente (ESPR, Etude du Stress Post-traumatique et de la Résilience) qui a cherché à évaluer les effets des attentats parisiens des années 1995-96 auprès de 110 victimes (Port-Royal, décembre 1996) et s’inscrira dans une complémentarité des deux vastes études actuellement en cours sur notre territoire national (Attentats : 13 Novembre, D. Peschanski et F. Eustache, CNRS – INSERM et le projet REAT - Gérôme Truc (CNRS / ENS Cachan / Université Paris Ouest Nanterre).

Problématique

Avec la vague d’attentats qui a frappé la France durant ces dernières années, nous avons assisté à l’émergence de discours et de dispositifs singuliers, tant au niveau sociétal, politique qu’au niveau des dispositifs de santé mentale. Quels effets ont produit ces changements de contexte social et historique, voire de setting sur le discours, le vécu psychique et la psychopathologie des « victimes directes » d’actes terroristes et de leurs « soignants » ? Hypothèse générale : Les contrecoups actuels des changements historiques de setting social auraient notamment pour effet d’effacer le Sujet, le rapport subjectif à sa propre histoire, à la culpabilité et son accès au sexuel infantile, au profit d’une entité collective dominée par la honte (ou son corollaire, la fierté) et le traumatisme collectif partagé.

Population : Adultes victimes d’attentats terroristes : comparaison attentat Port-Royal (décembre 1996) et attentats parisiens récents (janvier à novembre 2015). Professionnels impliqués dans les dispositifs de soins aux victimes d’attentats. Matériel : 40 entretiens réalisés au cours d’une étude prospective auprès de 56 victimes de l’attentat du RER Port-Royal (1996) serviront de base de comparaison. Les données quantitatives ont donné lieu à publication mais pas les données qualitatives qui serviront ici de point de comparaison avec un second groupe de victimes ayant subi les événements terroristes de 2015.

3 axes de travail :

-   Etude des dispositifs thérapeutiques groupaux et de leur impact sur le discours et la psychopathologie des sujets victimes d’actes terroristes

-   Etude du paradigme traumatique et des effets sur la névrose traumatique

-   Le psychologue psychanalyste dans la cité en contexte terroriste

Le premier sera l’objet de présentations et de travaux au sein du THEMA Dispositifs Thérapeutiques.

 

2018-2021 : Etude sur le processus d’engagement dans les dispositifs de soins. Directrice scientifique du projet : Manuella De LUCA, Laboratoire PCPP, Paris Descartes. Financement par la MGEN de 50 000 euros. 

Cette recherche nous permettra d’étudier les processus d’engagement des thérapeutes et des patients dans des dispositifs de soins, en évaluant en quoi cet engagement favorise l’investissement et le maintien dans les soins d’une population de jeunes adultes présentant des troubles psychotiques ou limites sévères. Elle nous permettra de mieux comprendre la pertinence des indications de tels dispositifs et les modalités de présentation des dispositifs de soin aux patients les plus vulnérables, ceux pour lesquels une demande de soins ne peut émerger sous une forme classique. La méthode comporte trois temps. En TO nous ferons une recension des méthodes utilisées par chaque structure pour construire un dispositif favorisant l’engagement d’un sujet dans les soins et donc dans un processus de changement. En T1: des entretiens de recherche semi directifs auprès des cliniciens participant à ces dispositifs d’engagement dans les soins. Les entretiens cliniques seront enregistrés et organisés en quatre grandes parties : i) Les modalités pratiques du dispositif ; ii) Son articulation avec le reste du dispositif institutionnel ; iii) Les attentes de ce dispositif ; iv) Le vécu du thérapeute face à ce dispositif. L’analyse de ce premier temps sera une analyse qualitative du discours. L’utilisation d’un logiciel de traitement thématique et de mise en lien de ces thématiques (Logiciel NVivo) permettra une analyse discursive du matériel et un repérage des éléments signifiants du discours. En T2: étudier les effets de ces différents dispositifs sur l’engagement dans un processus de changement des patients bénéficiant de ce dispositif. Il s’agira donc d’une double évaluation du côté du thérapeute et du patient, réalisée par des entretiens semi directifs. Les modalités d’analyse seront les mêmes qu’au temps 1. T3 : le dernier temps de la recherche aura lieu 6 mois plus tard afin d’évaluer à distance les éléments de changement mobilisés par le dispositif. Il sera constitué par la passation d’un entretien du thérapeute.

 

Projets à court terme sur l’horizon 2018

•   Travaux transversaux avec d’autres THEMA sur les méthodes de recherche en psychologie clinique psychanalytique et sur la question de l’évaluation.

•   3° réunion scientifique du THEMA, avril 2018, avec l’équipe de l’université Lyon 2.

 

Publications significatives en lien avec le travail de recherche produit par notre Thema pendant la période 2012-2017

En lien avec les dispositifs thérapeutique en périnatalité

De Galembert, D., Rossigneux, P., Vernier, D., Missonnier, S. (2012), Lorsque naissance et mort coïncident en maternité, quel vécu pour les sages-femmes ? Plaidoyer pour une élaboration des pratiques. Devenir, n°2, vol 24, p.117-p.139. (PsycINFO) DOI : 10.3917/dev.122.0117

Missonnier, S. (2013), Des apprentis pères en groupe à la mater(pater)nité. Spirale, n°66, p.127-p.137. (SCImago) DOI : 10.3917/spi.066.0127

Missonnier, S. (2015). Préparation à la naissance, vidéo et anticipation, Spirale, n°73, p.78-p.97.

Leclère, C., Avril, M., Viaux-Savelon, S., Bodeau, N., Achard, C., Missonnier, S., Keren, M., Feldman, R., Chetouani, M. and Cohen, D. (2016). Interaction and behaviour imaging : a novel method to measure mother-infant interaction using video 3D reconstruction. Translational Psychiatry, 6(5), p.816. DOI:10.1038/tp.2016.82 (WOS, PubMed)

Missonnier S., (2016), Métamorphoses périnatales. Transparence de vie et de mort de la partition prénatale. Dans Scelles R., (dir.), Ciccone A., Gargiulo M., Korff-Sausse, Missonnier S., Salbreux R., Naître, grandir, vieillir avec un handicap, Toulouse, France : Érès, p.79-92. doi:10.3917/eres.scell.2016.01.0077

Missonnier S., (2016), De l’empathie métaphorisante de Serge Lebovici à la consultation parents-fœtus/bébé. Dans Dugnat M., Empathie autour de la naissance, Toulouse, Érès, p.151-163.

Maslard C., Beauquier-Macotta B., Metou T., Stora E., Vélasquez P., Séguret, S., Golse B., Missonnier S., (2016), Les modalités d’émergences des représentations traumatiques parentales à l’égard du bébé et du générationnel : deux marqueurs cliniques et pronostiques. Dans A. Brun, R. Roussillon, P. Attigui, Evaluation clinique des psychothérapies psychanalytiques, Dunod.

Bouchghoul, H., Clément, S. F., Vauthier, D., Cazeneuve, C., Noel, S., Dommergues, M., Gargiulo & Durr, A. (2016). Prenatal testing in Huntington disease: after the test, choices recommence. European Journal of Human Genetics. 1–6. https://doi.org/10.1038/ejhg.2016.59 

 

En lien avec les dispositifs thérapeutiques et le virtuel

Guiche, D., Missonnier, S., (2014), L’effet de non présence : le pendant d’une organisation relationnelle cybernétique, Cliniques méditerranéennes : psychanalyse et psychopathologie freudiennes, 91, p.167-p.182. (PsycINFO, SCImago) DOI : 10.3917/cm.09.0167

Vlachopoulou, X., Gontier, E., Missonnier, S., (2015), Psychose et (con)fusion homme/machine : des réalités virtuelles inquiétantes, Annales Médico-Psychologiques, 173, n°8, p.721-p.723. (PsycINFO) DOI : 10.1016/j.amp.2015.07.022

Vlachopoulou, X., Missonnier, S., (2015), Psychologie des écrans. Collection Que-sais-je ?, Paris, France : Presses Universitaires de France.

Vlachopoulou, X., Haddouk, L. (2016). Serious games in group help to evaluate the risk of suicide. Annual Review of Cyber Therapy and Telemedicine, 14, 233-237.

Vlachopoulou, X. et Haddouk, L. (2016). Serious games in group help to evaluate the risk of suicide. CyberPsychology, CyberTherapy, and Social Networking conference June 27th-29th in Dublin, Ireland.

Vlachopoulou, X. et Missonnier, S. (2015). Psychologie des écrans. Paris, France : coll. : Que sais-je ?, Presses universitaires de France

 

En lien avec les dispositifs de médiation thérapeutique, le groupe, le psychodrame et la psychothérapie institutionnelle

Missonnier, S. (2016). Les médiations thérapeutiques en pratique institutionnelle : vision transversale conclusive et perspectives. Cliniques, 12(2), p.246-p.255. DOI:10.3917/clini.012.0246

De Luca, M., editor (2016). La psychothérapie institutionnelle une pratique d’actualité à la MGEN. Paris, France : ATRT.

Blanc A. et Boutinaud J. (2016). Psychoanalytic psychodrama in France and group elaboration of counter-transference: Therapeutic operators in play therapy. International Journal of Psychoanalysis. doi : 10.1111/1745-8315.12522.

Duchet, C., Kersalé, M., & Abgrall-Barbry, G. (2016). Le cadre en configuration groupale, un processus en création ? Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe, 66(1), 161-172. doi:10.3917/rppg.066.0161

 

En lien avec les dispositifs thérapeutique et la technique psychanalytique

Houssier, F., Vlachopoulou, X., Bonnichon, D. et Capart, N. (2015). Freud consultant, à partir des lettres inédites adressées à Paul Federn. Revue Française de Psychanalyse, 79, 1198-1212. doi : 10.3917/rfp.794.1198

Verdon B. (2017), Tuer le temps long, Revue Française de psychanalyse, L’ennui, 81, 4, 1010-1019.

 

En lien avec les dispositifs thérapeutiques, l’éthique et la médecine

Farges, F., Farges, N., & Missonnier, S. (2016). L’observation échographique prénatale. Journal de La Psychanalyse de L’enfant, 6(2), p.203-p.224. DOI:10.3917/jpe.012.0203

Verdon, B., Gargiulo, M., Gernet, I., De Luca, M., Costantino, C., & Missonnier, S. (2016). L’intimité psychique dans le champ de la psychologie clinique et de la psychopathologie: enjeux et perspectives éthiques. Ethics, Medicine and Public Health. 559- 567. https://doi.org/10.1016/j.jemep.2016.09.002 

Béhin, A., Tiberghien, D., Babonneau, M.-L., Brocq, H., Michon, C.-C., Gargiulo, M. & Réveillère, C. (2015). Mise au point : Urgences psychiatriques et traitements psychotropes dans les maladies neuromusculaires. Anesthésie & Réanimation, 1(Supplément 1), 47- 52.  https://doi.org/10.1016/s2352-5800(15)30011-3 

Bordet, C., Boette, E.,  Mallet, A.,  Babonneau, M.-L., Fosse, S., Gargiulo, M. et Charron, P. (2015). 0488: Predictive genetic testing in hereditary heart diseases: a single-center series of 304 subjects. Archives of Cardiovascular Diseases Supplements, 7(1), 21. ttps://doi.org/10.1016/s1878-6480(15)71547-8 

Clément, S., Gargiulo, M., Feingold, J. et Durr, A. (2015). Guidelines for presymptomatic testing for Huntington’s disease: past, present and future in France. Revue Neurologique, 171(6-7), 572-580. https://doi.org/10.1016/j.neurol.2015.02.016 

Houdayer, F., Gargiulo, M., Frischmann, M., Labalme, A., Decullier, E., Cordier, M.-P., Rossi, M. (2013). The psychological impact of cryptic chromosomal abnormalities diagnosis announcement. European Journal of Medical Genetics, 56(11),585-590. https://doi.org/10.1016/j.ejmg.2013.09.002 

Gargiulo, M., Herson, A. & Angeard, N. (2014). Annoncer une maladie génétique à l'enfant. Désir de savoir, besoin de comprendre. Enfances & Psy, 64,(3), 77-88. doi:10.3917/ep.064.0077.

Gargiulo, M. et Durr, A. (2014). Anticipating disability. The psychological risk of genetic testing. Esprit, 7, 52-65. https://doi.org/10.3917/espri.1407.0052 

 

Bilan critique conclusif (aire intermédiaire entre Bilan et Projet)

Le bilan de notre THEMA pour la période 2012-2017 est satisfaisante. Le nombre des publications et des recherches en cours et à venir attestent d’une véritable synergie entre les membres du THEMA.

Nos échanges scientifiques ont donné lieu à des débats soutenus par des positionnements divergents concernant l’évaluation des dispositifs thérapeutiques. Nous arrivons au bout de cinq années de travail commun au postulat suivant : notre démarche d’évaluation des dispositifs thérapeutiques ne peut pas s’inscrire dans l'idéal de l'expertise biomédicale car la complexité de l’humain n’est pas réductible à des considérations purement quantitatives. Notre objet d’étude est l’être humain et sa subjectivité. En conséquence nos recherches ne répondent pas forcément aux impératifs d’objectivités célébrés par les standards de publication actuels, pour lesquels les données trouvées avec des méthodes de recueil de données standardisées donneraient accès à un contenu prélevé, en lieu et place du trouvé/créé inhérent à la méthode analytique dans sa tentative de compréhension des phénomènes psychiques inconscients, accessibles par le truchement de son outil privilégié : le transfert/contre- transfert.

Conscients de ces difficultés méthodologiques concernant l’évaluation des processus psychiques au sein des dispositifs thérapeutiques et l’impossibilité de nous référer entièrement aux méthodes classiques d’évaluation, nous devrions pouvoir dans les années à venir apporter des nouvelles connaissances sur les méthodes d’évaluation des dispositifs thérapeutiques dans lequel nous travaillons. Nous avons tenté tout au long de cette période de mettre au travail la question de l’évaluation dans un paradigme clinique, compatible avec l’épistémologie et les pratiques psychanalytiques, afin de défendre ce modèle au sein de la communauté universitaire, psychanalytique et au-delà.

Nos échanges scientifiques avec l’équipe de Lyon 2, très impliquée dans le domaine de l’évaluation des dispositifs thérapeutiques est et sera sans doute un atout considérable pour avancer dans cette direction. L’ensemble des échanges scientifiques tout au long de cette période nous ont démontré l’importance de la formalisation des processus d’évaluation, malgré la complexité de cette démarche.

C’est ainsi que notre projet 2019-2023 devrait nous conduire à approfondir une réflexion sur les méthodes de recherche et d’évaluation des dispositifs thérapeutiques. 

 

PROJET (2019-2023) : une projection constructive 

Responsabilité du THEMA reconduite dans la continuité de la précédente : Marcela GARGIULO (MC HDR) & Clara DUCHET (MC)

Membres : 22 au total avec une progression dépendante des nouvelles arrivées à prévoir dans le THEMA

Membres Permanents (15) :

C. AZOULAY (Pr.) ; J. BOUTINAUD (MC) ; C. CHABERT (Pr.) ; M. CORCOS (Pr.) ; M. DE LUCA (PAST) ; C. DUCHET (MC) ; M.  EMMANUELLI (Pr.); M. GARGIULO (MC-HDR) ; B. GOLSE (Pr.) ; K. GUENICHE (MC) ; M. GUINARD (MC) ; A. KONICHECKIS (Pr.) ; S. MISSONNIER (Pr.); B. VERDON (Pr.) ; X. VLACHOPOULOU (MC).

Doctorants (5) :

E. BLACIOTI, A. BRAULT ; P. J. CHANTEPIE ; C. GUEGUEN ; C. RACIN.

Membres temporaires (2) :

A. LACHAN (PHD) ; A. BLANC (PHD).

 

Objectifs du THEMA

Notre identité thématique est désormais bien définie autour de la mise en tension des recherches sur/ en / ou avec la psychanalyse, en articulation avec la clinique psychanalytique sur et hors divan.

Compte tenu de la jeunesse de cette thématique au sein de notre laboratoire nous souhaitons poursuivre l’approfondissement des objectifs fixés dans le quinquennat précèdent en lien avec notre identité thématique désormais assise :  

 

Trois objectifs inscrits dans la continuité des précédents :

1)   Continuer à mettre en perspective conceptuelle des questions métapsychologiques sur la recherche en psychanalyse et sur les dispositifs thérapeutiques, afin de dégager des positions éventuellement consensuelles et d’aboutir à de nouvelles propositions ;

2)   Poursuivre l’objectif d’affiner des critères d’évaluation cliniquement pertinents et éthiquement recevables en lien avec une réflexion plus approfondie encore sur les principes et les effets de ces évaluations, notamment en travaillant d’avantage leurs liens avec les cadres de recherches dans lesquels ces travaux s’inscrivent ;

3)   Prolonger les travaux menés sur l’évaluation des effets thérapeutiques des différents cadres proposés en termes de processus psychiques, de potentialités de changement et de résistance en lien avec les caractéristiques des dispositifs choisis, en y ajoutant une réflexion sur les facteurs pronostics du devenir psychique ».

 

Mots clés : Dispositif thérapeutique ; cure type ; psychanalyse sur et sans divan ; âges de la vie ; transfert ; psychothérapies ; méthodes de recherche ; évaluation.

 

Cadre et méthodes de travail

1. Récurrence : Rythme trimestriel, 4 réunions à minima des membres du THEMA par année universitaire, complétées par des journées scientifiques et des rencontres interuniversitaires.

2. Méthode de travail : Poursuite de la formule de travail basée sur l’alternance d’étude de textes théoriques (lectures communes) et de présentations de nos dispositifs cliniques et de recherche auxquelles pourraient s’ajouter l’exposé d’études de cas pertinentes pour l’étude de notre paradigme.

Au niveau de la veille scientifique, nous continuerons de travailler sur des auteurs classiques et modernes choisis collectivement afin d’éclairer les questions posées par nos dispositifs thérapeutiques et de travailler sur la problématique de l’évaluation des psychothérapies. La présentation d’un texte par l’un des membres du THEMA continuera d’être suivie d’une discussion visant à articuler théorie et clinique. Nous procéderons de la même manière lorsqu’une recherche ou un dispositif sera présenté, l’idée reste d’avoir toujours un texte servant de base commune à la réflexion.

 

Axes de recherches en 2019/2023, nouvelles perspectives et projet collectif d’écriture

Nous souhaitons poursuivre nos objectifs et nos actions autour des deux axes de recherche qui constituent le socle de notre travail. Compte tenu de la jeunesse de cette thématique au sein du laboratoire nous souhaitons continuer dans la lignée des deux axes (AXE 1 et 2) fixés dans le précédent quinquennat en y apportant de nouvelles ouvertures et défis au regard de ceux plus larges, posés par le laboratoire PCPP.

 

Axes de recherche 2019/2023

 

Rappel de nos axes de recherche tels que décrit dans le bilan 2012-2017 :

 

AXE 1 : Méthodes de recherche en psychologie clinique et en/avec/sur la psychanalyse.

AXE 2 : Évaluation des dispositifs thérapeutiques.

 

Sur l’axe 1 nous souhaitons ouvrir notre réflexion sur les méthodes de recherche dans le domaine de la psychologie clinique et la psychanalyse. Nous souhaitons notamment approfondir un modèle fourni par Manuella de Luca (PAST) autour d’une proposition originale intitulée « méthode hypothético-processuelle ».

En effet, si les méthodologies hypothético-déductives et ancrées offrent des modalités de recherche riches dans notre champ d’investigation, une troisième voie méthodologique nous semble à explorer, dans une articulation étroite avec les spécificités de l’approche clinique adossée à la psychanalyse. Les méthodes processuelles sont particulièrement utilisées dans les sciences humaines et sociales dans l’étude longitudinale des processus. Elles mettent en avant l’importance de la prise en compte du contexte dans lequel se déploie le processus et dans lequel il est étudié. Une approche épistémologique des processus déplace les butées théoriques et les frontières des méthodes habituellement utilisées dans la compréhension des phénomènes morbides en offrant une voie nouvelle pour les appréhender. Une méthodologie hypothético-processuelle pourrait s’intégrer dans cette proposition d’ouverture sur l’étude de la complexité psychique et sur la place centrale accordée aux processus psychiques dans les dispositifs thérapeutiques. La proposition de la constitution d’une méthode processuelle se base sur une mise en avant de la compréhension des phénomènes psychiques et de leur complexité plutôt que d’une recherche d’une causalité risquant d’être trop réductrice. Promouvoir une méthodologie processuelle pourrait ouvrir sur une dimension dynamique, sur un « en cours de construction », un inachevé, une ouverture à poursuivre et à continuer à chercher étant donné que le choix d’un référentiel analytique dans la recherche clinique ne peut se satisfaire pleinement d’un recours aux méthodes hypothético-déductives et ancrées.

Toujours sur l’axe 1 et en lien avec l’axe 2, nous souhaitons également procéder à une réflexion soutenue sur l’éthique et la déontologie dans le domaine de la recherche en psychologie clinique et psychanalyse.

En effet, la loi Jardé (en application depuis novembre 2016), modifie considérablement la manière de penser aux enjeux de la recherche dans le domaine de la psychologie clinique adossée à la psychanalyse. Mais la portée et les conséquences de l’arrivée de cette nouvelle loi sont encore floues. D’après la loi Jardé, nos recherches en psychologie se retrouveraient majoritairement dans les recherches interventionnelles avec risques et contraintes minimes. La loi prétend ainsi homogénéiser la recherche impliquant la personne humaine et la mettre en cohérence avec les modalités internationales. Jusqu’ici exclues du régime applicable aux recherches biomédicales, les recherches sur la personne ont pour ambition d’inclure, dans leur champ, les recherches peu et non interventionnelles.

Le législateur considère que, si les recherches peu ou non interventionnelles ne semblent pas présenter de risque particulier pour la santé, elles n’en mettent pas moins une personne à contribution et que ce n’est donc pas seulement son intégrité corporelle qu’il s’agit de protéger, mais les autres aspects concernés par son inclusion dans un processus de recherche : « par exemple, une incursion dans la vie privée du patient ».

Dans ce sens, l’application de cette loi concernera toutes les recherches en psychologie adossées à la psychanalyse.  Les projets devront, avant toute mise en œuvre, être autorisés par un Comité de Protection de la Personne (CPP). Si les données de la recherche sont nominatives et font l'objet d'un traitement automatisé, elles doivent être soumises à la Commission Nationale d’information et libertés (CNIL).  Ce passage auprès d’un comité d’éthique vaut pour toutes les disciplines scientifiques. Le numéro de passage par le CPP est de plus en plus demandé par les revues scientifiques en amont de l’acceptation d’une publication. Nous souhaitons dans ce domaine, en tant qu’enseignants-chercheurs, assumer la responsabilité de réfléchir au cadre déontologique et éthique pour nos recherches, celle de nos étudiants et des doctorants, qui tienne compte de la spécificité de la recherche en psychologie sur la personne humaine, qui ne peut pas être considérée comme une « miniature » de la recherche dans le domaine la biomédecine.

Gageons que ces ouvertures permettront de soumettre de nouvelles propositions en faveur des travaux menés sur les dispositifs thérapeutiques et de leurs méthodes d’évaluation.

 

Nouvelles perspectives 2019/2023

Après concertation et réflexion de tous les membres du thema, au regard des attentes définies plus largement au sein du laboratoire PCPP, deux nouvelles perspectives ont pu être dégagées pour l’avenir : 

1)   Traduire plus avant nos axes de recherche dans l’enseignement au niveau du Master

2)   Travailler de manière transversale avec d’autres THEMA sur l’épistémologie de la recherche

 

Projet collectif d’écriture 2019/2023

Ouvrage collectif autour des « Dispositifs thérapeutiques psychanalytiques hors divan ».

 

Conclusion du Projet

A partir d’une assise plus solide de notre THEMA « Dispositifs thérapeutiques », désormais clairement affirmée dans son intérêt pour la mise en tension des recherches sur/ en / ou avec la psychanalyse (en articulation avec la clinique psychanalytique sur et hors divan), nous avons d’abord choisi de maintenir un certain nombre de caps et de projets qui tiennent compte de la jeunesse de cette thématique au sein de notre laboratoire PCPP. Ensuite, nous avons cherché à enrichir nos trois objectifs de travail initiaux en proposant des ouvertures conceptuelles énoncées à leur suite dans la nouvelle présentation des axes de recherche. Enfin, nous avons dégagé deux nouvelles perspectives d’application à venir de nos travaux en lien avec l’enseignement d’une part et des propositions de travail plus transversales avec les autres THEMA d’autre part.

Néanmoins, le projet présenté ici ne saurait être figé dans un tracé définitif puisqu’il est par définition en conception et en devenir, il reste donc en cours d’élaboration et de co-construction collective. A cette fin, à l’instar de tout projet scientifique en voix de fabrication, il est aussi destiné à être réétudié et corrigé tout au long du travail que nous continuerons de réaliser avec nos collègues dans les années à venir.