Séminaire Psychanalyse et Ecriture : Alain Mascarou 12 décembre 2019

Séminaire de recherche du Collège USPC psychanalyse, psychopathologie et psychologie clinique

PSYCHANALYSE ET ECRITURE

Co-animé par J.-F. Chiantaretto (UTRPP, Paris 13) et F. Neau (PCPP, Paris Descartes).

 

                                                  Jeudi 12 décembre 21h-23h, salle Bussery (code 01678),USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris.

 

Alain Mascarou, à partir de son ouvrage Lecture, éd. Manucius, 2017

 

 Dans Le Conflit des interprétations, Paul Ricœur pose la question de « la paternité comme désignation » : « ce sont des figures non parentales qui, par leur action de rupture, brisent la coque de littéralité de l’image du père et libèrent le symbole de la paternité et de la filiation […] les expressions terminales du symbolisme restent pour autant en continuité avec les formes initiales dont elles sont en quelque sorte la reprise à un niveau supérieur ».

 Or c’est le rôle que joue la traduction, dont le passage d’une langue à l’autre qui remet en prise avec l’oralité et avec l’impulsion première de l’auteur. Ce retour à la naissance du texte peut conduire celui qui lit en traducteur à découvrir sa vocation d’écrivain. Dans ce mouvement de relance, le traducteur ré-origine le texte, reprend le motif de sa propre origine, l’explore, la recrée, au croisement des langues et des littératures, voire de ces langues enfouies dont l’écoute de l’étranger réanime en lui le souvenir. Je fais cette hypothèse : la langue de l’aîné électif (15 ans nous séparaient), Bilge Karasu (1930-1995) , que je traduis du turc, me ramène au père de l’état-civil et à la langue oubliée, l’occitan du père, comme s’il avait fallu ce séjour à l’étranger pour me faire accepter ce premier étranger, mon père, et avant d’accepter d’être père et auteur : cf. la dédicace de Lecture, « à mes filles ». S’y mêlent d’autres intercesseurs, Nerval, et, comme un avant-texte perdu, le grand-père mutique parti pour São Paulo à 4 ans et revenu en Bigorre sans son père à 12 ans : autres symbolisations de la figure du père réconcilié, avant d’être effacé par le geste même de l’écriture. 

 

ALAIN MASCAROU, né dans les Pyrénées en 1945, a résidé en Turquie et vit à Paris. Il a placé son travail sous le signe de l'étrangeté en partage : après un essai sur la revue d’art et de poésie L'Éphémère, qui fut à la croisée des exils (1998), essai précédé et prolongé d'études sur Louis-René des Forêts, Christian Dotremont, Claude Esteban, Philippe Denis…, il s'est attaché à l'œuvre frontalière de Silvia Baron Supervielle. Il traduit du turc Mehmet Yashin (Constantinople n'attend plus personne, 2008 ; La Rencontre de Sapho et Rûmî, 2014) et Bilge Karasu (La Nuit, 1993, 2019,Le Guide,1998, Au Soir d’une longue journée, 2019), dont il a édité une correspondance (Lettres à Jean et Gino, 2013) suivie d’une monographie (Bilge Karasu, l’étranger de l’intérieur,2016). Dernières parutions : Philippe Denis, une libre infortune (dir., avec Christine Dupouy et Fabrice Schurmans, 2017), Lecture(2017).

 

Ouvert à tous. Ce séminaire est couplé au séminaire thématique « Méthode psychanalytique, clinique, écriture » du master recherche SPC « Psychanalyse et interdisciplinarité ». Une pré-inscription est souhaitable : écrire à jfchant@wanadoo.fr)ou fr.neau@free.fr

 

 

 

 

 

 

 

Programme 2019-2020 :

 

 

10 octobre : François Richard, psychanalyste.

14 novembre : Geneviève Brisac, écrivain.

12 décembre : Alain Mascarou : écrivain, traducteur.

13 février : Françoise Davoine, psychanalyste et sociologue.

12 mars : Patrick Mérot, psychanalyste.

2 avril : Philippe Réfabert, psychanalyste.

14 mai : Marc Amfreville, psychanalyste.