Soutenance de thèse d`Antoine Duarte

Soutenance de thèse d`Antoine Duarte 

 

Intitulé de la thèse : Défenses et résistance en psychodynamique du travail

Directeur de thèse : Christophe Dejours

Doctorant : Antoine Duarte

Date : mardi 21 novembre à 9h30

Lieu : CNAM INETOP, Salle 41, 2 ème étage, 41 rue Gay-Lussac, 75005 Paris

 

 

 

Résumé Thèse Antoine Duarte

Défenses et résistance en psychodynamique du travail

 

Fondée sur de nombreuses enquêtes en psychodynamique du travail menées au seind’entreprises publiques et privées, relevant des secteurs de l’industrie et des services aussi bienque de l’agriculture, cette thèse se propose d’analyser les ressorts psychologiques individuelset collectifs de ce qui peut s’apparenter à des actions de résistance face aux contraintes du travailimposées par l’organisation néolibérale du travail.

 

Le matériel clinique de la recherche porte spécifiquement sur les rapports entre lesdifférentes formes d’organisation du travail d’une part, la souffrance psychique et lespathologies mentales d’autre part. Dans la plupart des cas ce matériel a été recueilli à l’occasiond’interventions spécialisées en clinique du travail engagées à la demande des médecins dutravail ou de services de santé au travail des entreprises. Par le truchement de ces interventions(qui ont débouché sur des actions de transformation de l’organisation du travail), une attentionparticulière a été portée aux formes concrètes que revêtent les conduites de résistance inventéespar les salariés lorsqu’ils sont confrontés aux dérives de certaines méthodes introduites dans lesentreprises depuis le tournant gestionnaire.

 

Dans cette perspective, l’analyse des conduites de résistance a permis de les identifiercomme relevant d’un tournant dans l’orientation des stratégies de défense contre la souffranceau travail. Les faits cliniques construits dans ces enquêtes suggèrent que ce tournant affecteélectivement les stratégies de défense construites pour lutter contre la souffrance éthique, c’est-à-dire la souffrance éprouvée par des sujets lorsqu’ils sont amenés, par les consignes del’organisation du travail, à apporter leur concours à des pratiques que leur sens moral réprouve.

 

In fine, la référence au travail vivant permet de dégager une conception de la praxis derésistance visant spécifiquement à lutter contre trois des conséquences produites parl’organisation néolibérale du travail : le déni du travail vivant, la désolation et la banalisationde l’injustice sociale. Pour cela, le rôle revenant à la recomposition des coopérations dans letravail apparait comme l’élément central structurant la praxis de résistance. La thèse mobilisedes connaissances dans le champ de la clinique et de la psychodynamique du travail d’abord,dans le champ de la psychologie individuelle et de la psychanalyse ensuite, de la « psychologiemorale » et de la philosophie politique enfin.